"Nous devons éduquer le peuple de sorte qu'il ne nous saute pas à la gorge" Ralph Waldo Emerson (1803-1882). N'oubliez pas de rajouter juste avant "Pour mieux l'asservir" ou encore "éduquer" pour "dresser"...

La naissance et la mort sont les même visages d'une vie dont les combats se résument à une survie. Espérer plus que cela et se réfugier dans l'intemporel de la religion nous enlève bien des maux de l'âme mais ne nous épargne pas les infortunes des revers de nos ambitions. Que de peines et de courages dépensés dans cette quête de rêves insensés où tombent tant d'espérances abîmées. Que de joies et de rires que les larmes viennent balayer dès que le coeur saigne des coups et des blessures infligés. Si ce n'est être seul face à cette solitude qui nous afflige, vers qui vole notre appel quand au fond du gouffre on désire être secouru ?

L'autre, celui par qui peut venir l'ombre et la lumière, est notre regard. Notre perception. Cette ombre que l'on craint comme une peur irraisonnée de ce qui est hors de notre compréhension. Cette lumière qui ne nous effleure pas car ce regard trop court, indéfiniment posé sur soi, nous enchaîne. L'autre, celui sans qui tout serait insipide s'il n'y avait pour seul horizon que notre unique reflet .

Si seulement ce regard pouvait s'ouvrir sur cette liberté dont le ciel ne connaît aucune frontière. Nous pourrions partager cette égalité qui nous rendrait dignes aux yeux de tous. Comme une grande famille où la fraternité serait un lien de paix.

Mais cette liberté, cette égalité et cette fraternité ne sont que des leurres prisés du pouvoir. Dépouillés de leur sens, de leurs valeurs et de leurs principes, ces mots usés sonnent creux comme la froideur d'un cachot. Creux comme l'abîme des imbécilités. Exhibés comme des appâts pour asservir, ces lettres entremêlées nous éloignent des valeurs d'humanité. Pour un peu de mesquinerie et de cupidité, l'autre est devenu un ennemi plus qu'un ami. 

Quel triste choix que de mourir fidèle ou de vivre lâchement...