Crise financière et économique : Cupidité et défaut de contrôle
Par Evenstar le jeudi 18 décembre 2008, 12:28 heures - Actualité - Lien permanent
A qui la faute si des
entreprises et
des particuliers s'endettent au-delà de leur capacité de remboursement
? Pourquoi n'y-a-t-il pas de service de prévention afin d'éviter le
surendettement ? Pourquoi offre-t-on des crédits hypothécaires à taux
variables ? Pourquoi y-a-t-il si peu de contrôle ? Pourquoi le salaire
des uns appelle au scandale alors que d'autres subissent la misère ? Ces théoriciens, que nos dirigeants suivent comme des moutons, savent-ils de quoi ils parlent ? La stupidité...Paul Robin Krugman, prix nobel d'économie de 2008, a été surpris par la crise des crédits hypothécaires. C'est à peine étonnant... Tant de voix dénoncent, depuis de longues dates, l'absence de régulation du marché mondial. Tous les indicateurs étaient au rouge lors de l'explosion de la bulle Internet en 2000. Et lui, il n'a rien vu venir...
On mesure combien le fossé peut être grand entre l'idéologie rêvée et la dure réalité du commerce international. Les compétences requises à la compréhension du monde ne se trouvent que très rarement dans une seule main. C'est dans l'adoration de ses idoles que l'humanité a posé ses vérités. Ces mêmes certitudes sont parvenues à faire admettre, au plus grand nombre, l'idée que l'activité économique ne doit pas financer le développement humain. Mais que cette économie existe pour la seule satisfaction et la seule fortune de quelques uns...
Les pouvoirs politiques et la presse brillent par leur insuffisance. Les gouvernements débloquent des milliers de milliards de dollars pour soutenir les institutions financières en difficulté. La presse se fait l'écho de ceux là même qui sont à l'origine du désastre en soutenant l'hypothèse qu'il faut réinjecter de l'argent sans même connaître la profondeur du gouffre. En pure perte. Pourquoi utiliser de l'argent public alors même que les liquidités du marché financier sont exceptionnellement fortes ? L'incompétence et la méconnaissance...
Dans la panique et la précipitation, on désigne des coupables idéaux ; les fonds d'investissement et les paradis fiscaux. Cependant, les fonds d'investissement ne sont que le réceptacle des vœux et des offrandes. Quant aux paradis fiscaux, ils ne font que répondre à la demande des grandes fortunes. Et ce, en usant du droit international qui leur est accordé...
On se prend à apprendre de l'histoire et à faire des rapprochement en se rappelant la crise de 1929. Et on se trompe encore une fois de cible. Sans chercher bien loin, le trait commun entre la crise de 1929 et la crise des crédits hypothécaires est la cupidité et le défaut de contrôle.
L'idéologie dominante du marché mondial est de croire que le commerce n'a qu'un effet négligeable sur la pauvreté. Or, à défaut d'une répartition équitable des richesses, la croissance économique est principalement financée par l'endettement. Et si l'on ne se pose pas aujourd'hui la question de savoir quel service l'activité économique doit rendre à l'humanité, la prochaine crise est pour demain.
En effet, cette crise financière et économique n'avait rien d'imprévisible. Elle était annoncée depuis 2001 en raison des taux d'intérêt extrêmement bas pratiqués par la Banque Centrale des Etats-Unis (FED) afin de soutenir la croissance. Et voilà que cette même grande illusion nous est resservie le 16 décembre 2008...
Quelle leçon pensez-vous que le monde a tiré de sa claque magistrale ? Aucune...
N.B : Je vous invite à découvrir le travail de Hernando de Soto. Cet économiste péruvien offre un point de vu très pertinent des échanges économiques. Sa théorie est à mille lieux de la folie des grandeurs prédominante dans le milieu des économistes ultralibéraux et à la mode chez les politiques. Et surtout, il a raison de dire que "Les pauvres ne sont pas le problème, ils sont la solution" (Le Mystère du capital, édition Flammarion 2005). Vous et moi, nous sommes la somme des petites gens constituant les fondations de cette civilisation. La solution viendra de nous. Pas de celles et ceux qui nous gouvernent...

Commentaires
Tu penses quoi de la situation en Grece ? La France est quasiment dans la meme situation et on n'en parle pas.
Il y a quelques différence de taille entre la situation de la Grèce et de la France. La France est un pays fortement industrialisé. Son niveau de tolérance à l'endettement est plus élevé. Mais cet avantage ne durera pas indéfiniment. Le soucis pour la France, c'est que le gouvernement actuel a clairement fait le choix de la logique financière. L'absence de maîtrise de la dette met en péril l'ensemble du bouclier social qui a très largement amorti les effets de la crise.
Quand je pense que notre pays pourrait reduire les deficits publics en s'attaquant aux niches fiscales/sociales et que rien n'est fait. Les francais sont stupides ou quoi ?
Je ne pense pas que ce soit une question de stupidité. De manière complètement absurde, le suffrage universel ne tient pas compte des compétences et des diplômes. Les élus le disent, la légitimité politique, c'est la victoire électorale. La science infuse se gagne dans les urnes...
C'est bien ce que je dis ! Des cretins qui votent pour d'autres cretins ! Tu es toujours optimiste pour l'avenir de l'humanite ?
C'est trop drôle ! Serais-tu remontée contre l'expression du suffrage universel ? Ne confonds pas la bêtise et la faiblesse intellectuelle. Il y a des gens biens. Et c'est pour tout ce que ce monde compte de beaux et de merveilleux que je crois encore en l'humanité.
C'est que je me sens un peu en colere avec tous ces nuls au pouvoir ! Comment tu veux que le monde change avec ca !
Les choses changent avec le temps. Aucune colère ni aucune violence ne sont une solution. J'ai eu bien des colères par le passé. Je les regrette toutes aujourd'hui. Crois-moi, tu te sentirais bien plus sereine si tu pouvais simplement laisser passer l'orage...
Tu as raison mais bon