Les pouvoirs politiques et la presse brillent par leur insuffisance. Les gouvernements débloquent des milliers de milliards de dollars pour soutenir les institutions financières en difficulté. La presse se fait l'écho de ceux là même qui sont à l'origine du désastre en soutenant l'hypothèse qu'il faut réinjecter de l'argent sans même connaître la profondeur du gouffre. En pure perte. Pourquoi utiliser de l'argent public alors même que les liquidités du marché financier sont exceptionnellement fortes ? L'incompétence et la méconnaissance...
 
Dans la panique et la précipitation, on désigne des coupables idéaux ; les fonds d'investissement et les paradis fiscaux. Cependant, les fonds d'investissement ne sont que le réceptacle des vœux et des offrandes. Quant aux paradis fiscaux, ils ne font que répondre à la demande des grandes fortunes. Et ce, en usant du droit international qui leur est accordé...
On se prend à apprendre de l'histoire et à faire des rapprochement en se rappelant la crise de 1929. Et on se trompe encore une fois de cible. Sans chercher bien loin, le trait commun entre la crise de 1929 et la crise des crédits hypothécaires est la cupidité et le défaut de contrôle.

L'idéologie dominante du marché mondial est de croire que le commerce n'a qu'un effet négligeable sur la pauvreté. Or, à défaut d'une répartition équitable des richesses, la croissance économique est principalement financée par l'endettement. Et si l'on ne se pose pas aujourd'hui la question de savoir quel service l'activité économique doit rendre à l'humanité, la prochaine crise est pour demain.

En effet, cette crise financière et économique n'avait rien d'imprévisible. Elle était annoncée depuis 2001 en raison des taux d'intérêt extrêmement bas pratiqués par la Banque Centrale des Etats-Unis (FED) afin de soutenir la croissance. Et voilà que cette même grande illusion nous est resservie le 16 décembre 2008...

Quelle leçon pensez-vous que le monde a tiré de sa claque magistrale ? Aucune...


N.B : Je vous invite à découvrir le travail de Hernando de Soto. Cet économiste péruvien offre un point de vu très pertinent des échanges économiques. Sa théorie est à mille lieux de la folie des grandeurs prédominante dans le milieu des économistes ultralibéraux et à la mode chez les politiques. Et surtout, il a raison de dire que "Les pauvres ne sont pas le problème, ils sont la solution" (Le Mystère du capital, édition Flammarion 2005). Vous et moi, nous sommes la somme des petites gens constituant les fondations de cette civilisation. La solution viendra de nous. Pas de celles et ceux qui nous gouvernent...